Dans une ambulance avec mon ami - Maxime Dumas

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Dans une ambulance avec mon ami

Dans une ambulance avec mon ami - Maxime Dumas

La sirène gémissait sans cesse, mais les voitures ne voulaient pas bouger. J’essayais de me concentrer sur le moniteur de fréquence cardiaque, ainsi que ses graphiques irréguliers. Le cœur de Jean battait encore à un rythme régulier. Les secouristes étaient assis, observant Jean. Je priais pour qu’une autre attaque ne vienne pas affaiblir mon ami. Jean avait 35 ans. Dehors, une lourde chape de pluie tombait, les coups de klaxon se multipliaient, les moteurs tournaient et la sirène de l'ambulance maintenait son rythme monotone et irritant. Malgré tout, les voitures ne bougeaient pas.

Je n’avais pas de grandes connaissances en sciences médicales, mais cela me semblait être un véritable cas d'urgence. L’un des ambulanciers engagea la discussion avec moi, sans doute pour me rassurer. Il m’informa que l’équipe avait une bonne expérience de ces situations. J’avais peur que ce soit le genre de situation de vie ou de mort, où tout dépendait de la rapidité avec laquelle le patient atteint l'hôpital, mais aussi de la façon dont il reçoit les premiers soins.

Manquant de tact, l’ambulancier commença à me narrer la dernière fois qu’une telle situation lui était arrivée. Il y a un peu plus de 3 semaines, ils avaient été appelés sur le site d’un accident. Le conducteur avait saigné abondamment et était décédé avant que l'ambulance n’arrive. Un des passagers faisait attaque cardiaque sur attaque cardiaque et est finalement décédé avant d’atteindre l'hôpital. Son récit m’a un peu plus secoué.

Parfois, personne n’était présent pour accompagner le patient dans l'ambulance. Dans le cas de Jean, l'appel d'urgence a été envoyé à partir de notre immeuble de bureaux. J’étais sur place et évidemment, j’ai pris la responsabilité d’aller avec lui. De toute façon, Jean n’avait pas des parents dans cette ville. Je les ai appelés pour les informer de la situation. Ainsi, j’espérais qu'ils pourraient présents à l'hôpital plus tard.

Si Jean était dans la trentaine, il avait l'air beaucoup plus jeune, sans doute grâce à l’injection acide hyaluronique. Les crises cardiaques étaient vraiment courantes de nos jours, mais je suis surpris qu’il en fasse une à son âge, surtout que le style de vie que je lui connais ne mène pas à cela. Il n’était pas comme ces jeunes cadres qui, grâce à un bon travail et un salaire mirobolant, s’adonnaient frénétiquement à tous les plaisirs interdits. Quelle ironie que toute leur vie, ces personnes soient poussées à travailler dur pour atteindre leur objectif et avoir une vie meilleure et qu’une fois cela réussit, ils s’en aillent tous dans les bars et pubs à user davantage leurs corps avec un cocktail explosif de drogues, de sexe et d'alcool.

L’électrocardiogramme était régulier. Je prie fort que Jean s’en tire…