L'idée de cadeau - Maxime Dumas

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L'idée de cadeau

L'idée de cadeau - Maxime Dumas

Pour Noël, j’avais une idée géniale de présent pour ma femme : la robe en soie verte qu’elle avait repérée sur Internet. L’expression de son visage quand elle l’avait vue m’avait convaincu qu’elle se voyait déjà avec. J’ai appelé ma belle-sœur pour qu’elle m’explique où la trouver, et surtout pour prendre la bonne taille. Nous sommes mariés depuis dix ans, mais je ne sais toujours pas si c’est un trente-huit, un quarante, ou que sais-je encore. Et si je me trompe, elle va encore mal le prendre. La dernière fois que je lui ai pris un pull, elle l’a échangé parce qu’il était trop petit. Bon, c’est vrai que quand elle l’a mis, il était très court. Son regard noir m’avait fait savoir que c’était comme si je lui avais dit qu’elle devait perdre dix kilos. On comprend mes hésitations après une telle expérience.

Le samedi 20 décembre, était le seul jour où je pouvais aller chercher son cadeau. Évidemment, les magasins étaient bondés. Dans toute la ville, les décorations lumineuses brillaient à tous les coins de rue, les Père Noël, petits ou grands, interpellaient les passants, l’ambiance était à la préparation de la soirée. Tout le monde se bousculait, se marchait sur les pieds, et était désagréable avec les vendeurs et les vendeuses, eux-mêmes très stressés. Pendant une heure, nous avons marché en s’arrêtant toutes les dix minutes pour que Sylvia, ma belle-sœur, complète les cadeaux pour la famille. Ma patience était à bout.

Enfin, la boutique ! Trois étages de rayons remplis de robes, de petits hauts, de pantalons. Comment font les femmes pour trouver leur bonheur parmi tous ces articles différents ? Je me sens dépassé quand je rentre dans un lieu comme ça. Je dis, trop de choix tue le choix. Et, pour moi, impossible de voir la robe recherchée au milieu de tout le reste. Heureusement, Sylvia a vite trouvé. C’est vrai qu’elle était très jolie, cette robe. Sylvia l’essaya, et la discussion avec la vendeuse partit sur les jambes lourdes, le traitement des varices au laser, les bas de contention. Pas très sexy, tout ça.

Bon, le plus important, c’était d’avoir la robe, et ma femme fut ravie. Bien sûr, elle la porta tout de suite. À la voir habillée ainsi, si souriante, je repensais à la folle journée de shopping que j’avais vécue, et je me disais que cela en valait vraiment la peine.