Mon ami l'antiquaire - Maxime Dumas

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Mon ami l'antiquaire

Mon ami l'antiquaire - Maxime Dumas

Les nuages gris s’étaient amoncelés au-dessus du village que je visitais. J’aimais la marche dans la nature. Mon travail était très prenant et j’avais souvent envie de décompresser de ma semaine. Les balades solitaires que je menais le samedi ou le dimanche m’entraînaient dans des lieux parfois insolites. J’avais entendu parler, par les habitants de la petite ville la plus proche, d’une maison abandonnée dans la forêt où d’étranges bruits avaient été remarqués depuis une bonne centaine d’années. Après être allé aux archives de la ville, j’étais passé chez un antiquaire de ma connaissance qui avait ouvert sa boutique à quelques minutes à pieds de là d’où je sortais. Je voulais lui montrer les références que j’avais trouvées sur cette demeure à qui la rumeur attribuait des manifestations anormales.

J’avais connu le propriétaire du magasin d’antiquités grâce à un ami, qui m’avait recommandé d’aller voir un conseiller financier de sa connaissance dont je suis depuis très satisfait. Nous avions passé des heures à discuter dans le magasin qu’il tenait à cette époque près de mon quartier. Il avait déménagé pour agrandir le lieu où il travaillait. Il pouvait à présent proposer plus de pièces de collection qu’avant à ses clients. J’aimais contempler les miroirs anciens et tous ces objets dont l’usage a été oublié. L’antiquaire, qui se nommait Henri, était derrière son comptoir en marbre, ses lunettes au bout du nez, penché sur un livre. Lorsque j’apparus, il me prit dans ses bras. Je lui expliquais la raison de ma présence ici.

J’en vins aux archives où j’avais retrouvé des documents qui parlaient d’une légende locale dès les premières années du vingtième siècle. La demeure avait abrité une famille qui avait été ruinée. Un à un, les habitants de la maison étaient partis et le père resta seul de nombreuses années. À son décès, plusieurs personnes voulurent acheter la maison qu’il n’avait jamais voulu vendre malgré la pauvreté dans laquelle il vivait. Il avait subsisté en faisant un potager et en chassant dans la forêt quelques petits animaux. Le premier couple qui voulut s’y installer ne resta même pas un après-midi. Un orage éclata et la foudre tomba sur un arbre proche de la maison. Le squelette du chêne serait encore visible, d’après les dires des derniers visiteurs à être allé dans la propriété. Après cet événement, tous ceux qui voulurent s’approprier la maison eurent une malchance extraordinaire. La réputation maudite de l’habitation s’était construite ainsi.